Extrait du texte Napoleon en Russie

Tout ce qui concerne le tambour-major et le trompette-major.
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Axel
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Extrait du texte Napoleon en Russie

Message par Axel » 07 oct. 2017 22:02

Éloge historique de la Garde Armée, relation de plusieurs faits d’arme peu connus, suivis d’une notice sur le célèbre Tafarot, tambour-major de la garde impériale.
[…]Napoléon entra donc dans cette ville [Moscou], le 14 septembre 1812, avec 150,000 hommes d’élite. On voyait à la tête du premier régiment composé de guerrier choisis ; le plus habile, le plus fort, le mieux constitué, et le plus grand tambour-major de la vieille armée : il avait 6 pieds 2 pouces, ses membres étaient proportionnés à sa taille ; c’était un créole, nommé Tafarot, qui s’était distingué par ses exploits dans plusieurs combats. Napoléon, après la célèbre victoire de Moskowa, lui avait fait cadeau d’un habit plus précieux que celui d’un colonel ; un superbe baudrier, orné de deux petites baguettes d’or, lui couvrait sa large poitrine ; il avait un grand bonnet à poil, relevé d’un plumet à trois branches azurées. Quel homme ! s’écriaient à tout instant les respectables guerriers qui m’en ont fait le récit, et qui étaient à la première compagnie de ce régiment d’élite ; quel homme ! Vraiment, c’était un autre Goliath ! Il périt au passage de la Bérézina.
Napoléon avait aussi fait choisir les plus habiles musiciens et tambours de la vieille garde, pour mettre à la tête de ce beau régiment. L’effet que rendait cette nombreuse musique, joint au bruit des caisses qui n’allaient toujours que par coups doubles (NdA : le nom des « flas ») et roulemens, n’inspirait pas seulement la terreur, mais encore le respect. Jamais, depuis que le monde est monde, il ne s’est rien vu d’aussi imposant.
L’armée arrive sur la place du Kremlin,
remplie non pas de ces nobles moscovites qui forment la bonne société de Moscou, mais de la lie du peuple.
Ces misérables étaient tristes, abattus, consternés ; en vérité, ils méritaient une juste pitié ; et lorsque le premier régiment entra dans la place, les habitants, qui pouvaient être au nombre de quatre mille, se mirent presque tous à genoux ; puis se levant, ils venaient, la plupart, baiser les mains du tambour-major, et implorer sa générosité, le prenant pour Napoléon. Il fut tout-à-fait impossible au prince Murat de désabuser ces barbares, tellement ils avaient une fausse idée de la grandeur du héros des héros. (je tiens cela de témoins oculaires).[…]
Par MAZOYER, Vital-Benoît , bachelier-ès-lettres, du Puy (Haute-Loire), 1830. Côte BnF - Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin : 2005-286824

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