Le clairon-trompette Frédéric Conrad
de « la whâ »
du Prytanée national militaire
(2004-2006)
par Éric Conrad.

(Collection Frédéric Conrad)
Aperçu historique
Une fanfare aurait été présente dès l’arrivée du Prytanée à La Flèche sous le Premier Empire. Toutefois, son apparition officielle date de 1835 sous l’impulsion de l’élève Filhiol de Camas. Composée d’élèves et de personnels du lycée, elle compte jusqu’à une trentaine d’exécutants dans les années 1870. Supprimée en 1912, elle renaît en 1920 de manière réduite : un groupe de tambours auxquels viennent se greffer quelques fifres, bientôt remplacés par des clairons. La fanfare monte en puissance à partir de 1932 avec l’arrivée de Georges Missiaen : une harmonie vient compléter la batterie-fanfare. La musique participe aux cérémonies internes et aux fêtes régionales. Octobre 1940, le Prytanée s’installe à Valence et il n’est plus question de musique. Cependant l’école préparatoire militaire d’Autun s’est aussi repliée à Valence, avec sa musique : la rivalité contribuera à recréer une musique au Prytanée, qui effectue sa première sortie officielle au printemps 1941.
Le lycée réintègre La Flèche en 1943. La musique attendra encore un an avant de réapparaître sous l’impulsion des élèves. Un nouveau chef de musique est affecté en 1945 : l’adjudant-chef Brachet. Les effectifs fluctuent selon les années scolaires, et les chefs se succèdent. De 1949 à 1952 l’adjudant Woisson donne un nouvel essor à la musique. A son départ il n’a pas de successeur et l’élève Techer prend en mains la destinée de la musique jusqu’au défilé du 14 juillet 1952 sur les Champs-élysées. En 1959 un chef de musique militaire est nommé au Prytanée : le sous-lieutenant Gully. En six années il amènera la fanfare du Prytanée à un niveau jamais atteint auparavant. C’est à lui que la formation doit son surnom de « whâ ». Un défaut de prononciation lui faisait en effet dire que le premier instrument de musique était la « woix » humaine. Puis lui succèdent les lieutenants Pannier et Gallais, poursuivant dans la voie tracée par monsieur Gully. Les années 80 voient un lent déclin de « la whâ », certainement dû à la disparition des classes du collège. Au début des années 90 la journée de permission supplémentaire des musiciens est supprimée : le seul attrait de « la whâ » reste la pratique musicale. De tous temps la musique du Prytanée représente l’âme du lycée et restera son meilleur ambassadeur.
Insigne et instruments :
À la poche supérieure droite de vareuse est accroché l’insigne de « la whâ », formé d’une lyre terminée par deux têtes de lion emblèmes du Prytanée, traversée par une flèche orange, avec en fond la silhouette de l’église Saint-Louis de La Flèche, ancienne chapelle du collège de Jésuites où s’installa le Prytanée sous l’Empire.

(Collection Frédéric Conrad)

C’est le refrain des vieux brutions.
Anciens et melons, chantons le Huron,
C’est le refrain de tradition. »

(Collection Frédéric Conrad)
Flamme d’instrument jaune ornée de la lettre B (pour « brution », surnom des élèves du Prytanée) traversée d’une flèche, en étoffe découpée noire. Frange blanche.

(Collection Frédéric Conrad)
Clairon d’ordonnance est en cuivre. Fourreau de prise de main blanc. Grande trompette de cavalerie dite « à la Sax » ou « à l’ange » pour l’exécution du refrain « Le Huron » :


(Collection Frédéric Conrad)

Enregistré par Les trompettes du « boute-selle »
et la musique des sapeurs-pompiers de Paris,
direction Dominique Fiaudrin.