Joseph Escoffier,
le trompette de Sidi-Youssef
par Frédéric Conrad.
Né le 22 août 1815 à Besançon, Joseph Escoffier est le fils de Jean-Claude Escoffier, épinglier, et de Jeanne-Baptiste Verdot. Sa vie bascule le 22 septembre 1843, lors de la bataille de Sidi-Youssef, en Algérie. Alors que le général La Moricière poursuit l’émir Abdel Kader, les troupes françaises, commandées par le général Morris, se retrouvent face à un bataillon d’infanterie et plus de 500 cavaliers ennemis. Le capitaine de Cotte, dont le cheval vient d’être tué, est sur le point de tomber aux mains des Arabes. Sans hésiter, Escoffier, trompette au 2ème régiment de chasseurs d’Afrique, lui cède sa monture en ces termes : « Prenez, capitaine, il vaut mieux que vous l’ayez que moi, car vous rallierez l’escadron, et je ne le pourrais pas. » Blessé à la jambe, il est capturé par les hommes d’Abdel Kader. L'arrivée du 13ème Léger pousse l'Émir à la retraite. Grâce à son sacrifice, le capitaine de Cotte peut rallier ses troupes.
Dans un ordre du jour d'Alger, du 25 novembre, le maréchal Bugeaud s'exprime ainsi :
« L'armée admire encore le généreux dévouement du Trompette Escoffier, du 2éme régiment de chasseurs d'Afrique, qui, au combat du 22 septembre, donna son cheval au capitaine M. de Cotte, démonté, en lui disant : « Il vaut mieux que vous l'ayez que moi, car vous rallierez l'escadron, et je ne le pourrais pas. » Un instant après, il fut fait prisonnier.
Le roi, informé de cette conduite héroïque, n'a point attendu qu'Escoffier fût rendu à la liberté ; il l'a nommé membre de la Légion d'honneur par ordonnance du 12 novembre.
Cette récompense, qui calmera chez Escoffier les douleurs de la captivité, toute l'armée y prendra part ; elle y verra une nouvelle et éclatante preuve que le gouvernement ne laisse jamais dans l'oubli les belles actions. »
signé : BUGEAUD
L’émir Abdel Kader lui-même, informé par l’interprète Léon Roches, remet solennellement la décoration à Escoffier en déclarant : « J'ai reçu ta lettre et immédiatement, suivant ton désir, j'ai remis devant mes askers (fantassins réguliers) et mes lliélas (cavaliers réguliers), rangée devant ma tente, la décoration destinée au trompette Escoffier. J'honore le courage même chez mes ennemis » Ses conditions de détention s’améliorent alors, et il est libéré en janvier 1845 après un échange de prisonniers.
De retour en France, Escoffier occupe des postes de gardien de prison. En 1848, alors qu’Abdel Kader est emprisonné au château de Pau, Escoffier demande et obtient son affectation à la garde de l’émir, du 1er juin 1852 jusqu’à son transfert à Amboise. Il prend sa retraite en 1864. Veuf depuis 1867, il décède le 2 mars 1883 à Pau et est inhumé au cimetière de la ville, où sa tombe a été rénovée par le Souvenir Français. Une co&iulm;ncidence historique veut que deux enfants de l’émir Abdel Kader reposent non loin de sa sépulture.
Sa vie familiale est marquée par deux mariages : le premier avec Agathe Schoy en 1846, décédée en couches en 1847, puis avec Émilie Édouard, avec qui il a un second fils en 1859.
exposé dans la mairie de Surgères.
(Collection Frédéric Conrad)
(Collection Frédéric Conrad)
Paris 8 septembre 1848.
Monsieur le maire,
Veuillez me permettre de solliciter votre pour un ouvrage que je viens de faire paraitre : La Captivité du trompette Escoffier (2 Volumes in 8° prix 10frcs.
J'ai pensé que le livre pouvait trouver sa place dans la bibliothèque de Pau et qu'il fournirait au public une lecture aussi intéressante qu'utile.
En effet c'est l'histoire d'un enfant du peuple qui s'est illustré par son dévouement sur le champ de bataille et par son héroïsme durant une captivité qui a duré 18 mois. De plus la présence de l'Hadj Abd-el-Kader dans la ville de Pau donne plus de curiosité aux aventures d'Escoffier.
Ce sont de pareils exemples qu'il faut encourager en les popularisant. j'ai taché de rendre dignement la glorieuse odyssée de mon héros et je me suis appliqué à compiler l'amour du bien, le dévouement à la patrie, tout en décrivant une partie de l'Algérie et le Maroc aux contrée toute nouvelle pour nous.
Dans le cas, monsieur le maire ou vous acceptiez ma demande, vous auriez l'obligeance de me faire savoir le nombre d'exemplaires que vous désirez que je vous envoie. Quant au remboursement vous l'accompliriez, après reception des exemplaires par un mandat. Daignez recevoir, monsieur le maire, l'expression de mes sentiments les plus distingués avec lesquelles j'ai l'honneur d'être. Votre respectueux serviteur
Ernest Alby
32, rue paradis, Poissonière.
Ernest Alby
Oui on dansera et pas mal, car nous allons avoir l'Olympe, à Paris, ou les Dieux en habit noir, de ce cher Ernest - mais avant - on mangera. 1, rue Laffitte
